HOMMAGE POUR UN PREMIER ANNIVERSAIRE
L’Amitié parle toujours
Aux ombres de la vie.
A l’ombre de l’ombre
Qui est Esprit.
Je te parle du soleil,
Du vent de la pluie,
Des étés fleuris
Au parc Sainte MARIE[1].
Je te parle des mimosas,
Des riches magnolias
Et des oiseaux qui chantent
Les gloires de la vie.
L’artiste sculpte les souffles
De l’Esprit, les couleurs de l’ÊTRE,
Invente les beautés que tu poursuivis,
C’est si peu et tant pour une vie.
L’Esprit est vaste et n’a plus de formes.
Je garde les couleurs,
Et les chants de ta vie,
Les beaux cadeaux que tu nous fis.
Maurice Morlet
- [1] Célèbre parc de Nancy dont est originaire Anne-Marie.
Un goût de brimbelles
Pour le premier anniversaire de l’ « enciellement » d’Anne-Marie, avec une dizaine d’amis disponibles ce jour-là, nous nous sommes réunis au cimetière de Caussels, devant la pyramide Athéna. J’ai évoqué en quelques mots ce qu’elle est pour nous aujourd’hui et combien elle nous manque.
Puis nous nous sommes retrouvés à la maison pour un goûter autour de tartes aux myrtilles faites maison (des brimbelles en fait, suivant la dénomination vosgienne préférée d’Anne-Marie à celle de myrtille plus alsacienne).
Par ailleurs, trois messes ont été célébrées à cette occasion à la cathédrale Sainte-Cécile d’Albi, et une messe à l’église Saint-Léger de Lens dans le Pas-de-Calais à l’initiative de Catherine Dhaussy, amie de la famille.
Mon message à cette occasion :
« Nous sommes là pour Anne-Marie, représentant sa famille, ses amis, notamment tous ceux qui se sont excusés. Nous sommes là aussi pour nous qui avons besoin de sa présence.
Une façon de la faire vivre a été de réaliser un « Blog » ouvert aux contributions de chacun. J’y signe un éditorial pour dire combien elle est vivante, joyeuse, colorée, inventive, à l’écoute. J’y évoque la double figure d’Anne-Marie qui réussit la performance d’être les deux figures de la femme dans l’Évangile : à la fois Marthe très investie dans la tenue de sa maison , avec un goût prononcé pour le bricolage, la décoration, le jardinage, l’art floral ; et Marie l’érudite, en théologie, en sociologie et en psychanalyse, l’enseignante dans l’enseignement supérieur. J’y évoque aussi ses engagements, notamment ces dernières années au Secours Catholique, auprès des sortants de prison.
Vous avez enrichi ce portrait en évoquant :
- La femme-fleur, la femme-chant (Marie-Christine),
- L’artiste attentive aux couleurs et aux chants de la vie (Maurice),
- L’engagement pour l’intérêt commun (Anne),
- L’investissement dans l’animation pastorale (Philippe),
- Son souci de la pédagogie (Maurice).
Maurice Morlet, son ami de longue date, résume bien notre sentiment, à propos d’Anne-Marie : « Tout me parle de foi et d’amitié, et d’un constant désir d’élévation dans tous les domaines. Elle nous a fait cadeau de ce qui était visible de son âme. »
Veuf je suis, aujourd’hui, et j’ai une pensée pour ceux qui partagent ce manque.
Ainsi d’André, frère d’Anne-Marie, qui a perdu sa femme, Marie-Louise, il y a seize ans. Pour lui, « ce fut un choc, même si la vie continue. Elle n’est plus la même car on ne peut plus faire de projets à deux ». Sa sœur Anne-Marie lui manque aussi maintenant, notamment pour évoquer leurs souvenirs de jeunesse, la Suisse du village de Cama, le « patois » des Grisons.
Ainsi d’Yves Morel, camarade de promotion des Mines de Paris, qui a perdu sa femme, Dominique, il y a 10 ans. « Je suis certain que votre amour conjugal va continuer à vivre, voire à se développer ; car les qualités qu’elle avait et que tu n’as pas vont peu à peu t’être infusées mystérieusement par l’Esprit…C’est ce que j’expérimente avec Dominique.»
Enfin évoquer, parmi les absents, à l’autre bout du monde, Michel Baron, professeur de l’École des mines d’Albi, et son amie Begumi. Du Japon. Ils m’écrivent : « Nous ne sommes pas là, mais nous avons prié plusieurs fois pour Anne-Marie dans différents lieux sacrés du Japon, à Tokyo, Kyoto et sur le chemin des pèlerins de l’île de Shikoku. Ces lieux sont si propices au recueillement que je pense qu’Anne-Marie a dû percevoir le message. »
Patrick
Partie si vite
Un an après, merci Patrick d’avoir ravivé le souvenir de ton épouse en cette période. Ses peintures, ses créations révélaient son appétit pour l’art sous toutes ses formes. Un an après, nous avons du mal à penser qu’elle nous a quittés si vite. Nous restons très tristes de ne pas lui avoir dit au-revoir. Nous restons unis à elle par la prière et les moments passés toutes ces années.
Édith et Maurice Diéval
In memoriam
Nombreux furent les mots chaleureux et gracieux prononcés à l’égard d’Anne-Marie. Quand je l’ai rencontrée, j’ai été frappée par sa grande passion pour la vie. Quand je fais face à ses tableaux, je partage l’éclat des impressions qu’elle a ressenties.
A mes côtés, son autoportrait. Il dégage tant de bonheur. Ses yeux radieux scintillent. Elle porte des vêtements colorés et joyeux. Dans toutes ses toiles autour de nous abondent de riches couleurs et des mouvements lumineux de la nature. Nous gardons le souvenir d’Anne-Marie avec amour. Et pas seulement nous. Ses créations resteront dans notre mémoire pendant de longues années. L’amour de la vie qui émane de ses tableaux éveillent le meilleur en nous et nous fait chaud au cœur.
Le poète russe Joukovski a écrit sur les personnes comme elle qui nous ont accompagnés sur le chemin de la vie, éclairés par leurs soins : « Ne te lamente pas à dire qu’elles n’existent plus, mais dit avec gratitude qu’elles ont été ! »
Agnessa Gribenchikova avec Olga, Gerald et Daniel Honigsblum.